Arnaques en ligne en France : le guide pour les repérer et réagir

En bref :
- Les arnaques en ligne ont un point commun : un message urgent qui cherche à vous faire cliquer, appeler ou valider quelque chose.
- Réflexe numéro un : ne cliquez pas, ne rappelez pas le numéro fourni, passez par le site ou l’appli officiels.
- Signalez les messages au 33700 et, si vous avez payé, faites opposition et portez plainte.
En France, les arnaques passent surtout par le mail, le SMS et le téléphone : faux colis, faux remboursement, faux conseiller bancaire, faux dépannage informatique. Le mode opératoire change, pas le principe : on vous presse pour que vous ne preniez pas le temps de vérifier. Ce guide classe les familles d’arnaques, donne huit réflexes et détaille les démarches si vous avez été piégé.
Les arnaques les plus fréquentes
| Type | Canal | Signal d’alerte | Notre guide |
|---|---|---|---|
| Faux e-mail (phishing) | Expéditeur étrange, urgence, lien à cliquer | Repérer un faux e-mail | |
| Faux SMS (smishing) | SMS | Lien raccourci, « dernier avertissement » | Reconnaître un faux SMS |
| Faux colis | SMS | Petits frais de livraison à régler | Faux SMS Colissimo, Chronopost, Mondial Relay |
| Faux Ameli ou carte Vitale | SMS, e-mail | « Mettez à jour votre carte Vitale » | Faux message Ameli |
| Faux remboursement d’impôts | Remboursement inattendu à « réclamer » | Faux mail des impôts | |
| Faux conseiller bancaire | Appel, SMS | « Votre compte est piraté », validation demandée | Faux conseiller bancaire et faux SMS de banque |
| Faux support technique | Appel, pop-up | Alerte « virus » avec un numéro à rappeler | Faux support Microsoft et pop-up « PC infecté » |
| Prise de contrôle à distance | Appel | On vous demande d’installer AnyDesk ou TeamViewer | AnyDesk à la demande d’un inconnu |
| Fausse annonce, faux acheteur | Messagerie d’une place de marché | Paiement ou échange hors de la plateforme | Arnaques sur Vinted |
Les 8 réflexes qui protègent
- Ralentissez. L’urgence est l’arme de l’escroc : un vrai organisme vous laisse le temps.
- Ne cliquez sur aucun lien d’un message inattendu ; tapez vous-même l’adresse du site.
- Ne donnez jamais un code reçu par SMS, un mot de passe ou les chiffres de votre carte, même à un « conseiller ».
- Raccrochez et rappelez l’organisme au numéro figurant sur son site ou au dos de votre carte.
- Vérifiez l’expéditeur : adresse complète, orthographe, nom de domaine.
- N’installez rien à la demande d’un inconnu, surtout pas un logiciel de prise en main à distance.
- Refusez les paiements atypiques : cartes cadeaux, cryptomonnaies, virement à un particulier.
- Activez la double authentification et utilisez un mot de passe différent par compte.
Vérifier un site, un numéro, un message
- 33700 : transférez-y gratuitement les SMS et signalez les appels suspects ; c’est le dispositif officiel contre les messages frauduleux.
- cybermalveillance.gouv.fr : diagnostic de votre situation et conseils adaptés.
- 17Cyber : service de l’État qui vous oriente et, pour certaines menaces, vous met en relation avec un policier ou un gendarme.
- Liste noire de l’AMF : à consulter avant tout placement en ligne (crypto, forex, produits « miracle »).
- Info Escroqueries au 0 805 805 817 (gratuit, du lundi au vendredi) pour demander conseil.
Victime : les étapes dans l’ordre
- Coupez le contact et ne payez plus rien, même si l’on vous menace.
- Appelez votre banque et faites opposition à la carte, par son numéro d’opposition ou le 0 892 705 705 (service interbancaire).
- Changez vos mots de passe si un compte a pu être compromis.
- Gardez les preuves : captures, numéros, ordres de virement.
- Signalez : Perceval pour une fraude à la carte bancaire, 33700 pour les messages, 17Cyber pour être orienté.
- Portez plainte en gendarmerie ou au commissariat, ou en ligne via THESEE pour certaines escroqueries ; votre banque peut en demander une copie.
Une opération non autorisée doit en principe être contestée dans les 13 mois, et le plus tôt est le mieux. Si vous êtes ébranlé, France Victimes répond au 116 006.
Cas pratique : l’appel du « conseiller »
Nadia reçoit un appel d’un « conseiller » de sa banque : son compte serait piraté, il faut « sécuriser » ses fonds en validant des notifications sur son appli. Le numéro affiché ressemble à celui de l’agence. Elle raccroche, rappelle le numéro inscrit au dos de sa carte et apprend que la banque ne l’a pas appelée. Elle signale le numéro et change son code d’accès. Si elle avait validé, elle aurait dû faire opposition immédiatement, rassembler ses preuves et porter plainte.
Questions fréquentes
Comment reconnaître une arnaque en ligne ?
Message inattendu, urgence, menace, demande de code ou de paiement inhabituel, lien suspect. Un seul de ces signes suffit pour s’arrêter et vérifier.
Quelles sont les arnaques internet les plus courantes ?
Le faux colis par SMS, le faux e-mail administratif, le faux conseiller bancaire, le faux support informatique et les fausses annonces.
Que faire si j’ai cliqué sur un lien frauduleux ?
Ne saisissez rien. Si vous avez saisi des identifiants, changez-les tout de suite et prévenez votre banque s’il s’agit de données bancaires.
Comment signaler un SMS ou un appel frauduleux ?
Transférez le SMS au 33700 ou signalez l’appel sur le site correspondant.
Peut-on être remboursé après une arnaque ?
Parfois : votre banque examine chaque cas, surtout si l’opération n’était pas autorisée. Contactez-la sans attendre.
Où porter plainte pour une escroquerie sur internet ?
En gendarmerie ou au commissariat, ou en ligne pour certaines escroqueries via THESEE.



